Cérémonie des Voeux aux Forces Vives – 17 janvier 2020.

Ce vendredi 17 janvier 2020 s’est déroulée la cérémonie des vœux aux forces vives de la Province de Namur.

L’occasion pour moi de revenir sur le devenir des Provinces.

Pour la première fois, je peux vous affirmer que notre futur pourrait être moins long que notre passé.

A chaque échéance électorale le rôle et le devenir des provinces font l’objet de remises en question pour diverses raisons comme la simplification institutionnelle, la bonne gouvernance, l’adéquation des moyens.

C’est souvent, par méconnaissance de nos institutions provinciales, qui exercent depuis bientôt 190 ans leurs missions de supracommunalité.

C’est méconnaître l’importance des pouvoirs supra-locaux, inscrits dans notre histoire. 

Les provinces existaient bien avant l’Etat Belgique et ses subdivisions institutionnelles.

Il faut dire que les citoyens et par-delà nos collègues «en politique» connaissent peu ou très mal les pouvoirs intermédiaires que sont les provinces.

Elles ne sont en effet pas exposées aux projecteurs des médias comme le sont quotidiennement l’État fédéral ou la Région voire la Communauté.

Et dans le même temps, elles n’ont pas le même rapport de proximité immédiate avec les citoyens que les communes. 

La province, comme les autres institutions, s’est pourtant adaptée aux exigences citoyennes et l’adéquation des moyens reste au cœur de nos démarches.

Si la précédente déclaration de politique régionale annonçait la suppression des provinces, c’est la première fois qu’il nous est «proposé», je n’ose pas encore affirmer que le terme est plutôt «imposé» de financer  les zones de secours en lieu et place des communes.

Le Gouvernement wallon a effectivement souhaité, dans sa déclaration de politique régionale, de redéfinir implicitement nos missions en nous octroyant la responsabilité du financement des zones de secours. 

Cette décision régionale serait de bon aloi et à la rencontre d’un besoin essentiel pour notre sécurité, si cette décision ne portait pas sur plus d’un quart de nos moyens de fonctionnement.

Paradoxalement, le risque serait que les communes doivent contribuer à nos manquements ou aux missions que nous abandonnerons.  Personne n’en sortirait gagnant.

Ce sera donc l’enjeu de nos prochaines décisions, de nos nouvelles orientations.

Pourtant les provinces ont déjà largement contribué au financement de la sécurité civile.

Bien évidemment, le contexte a évolué depuis la création des zones de secours.  Le financement fédéral promis n’est pas encore une réalité, les besoins des zones s’accentuent afin de répondre à la professionnalisation du métier, aux charges de plus en plus importantes de la sécurité civile.

Je reste optimiste sur la résilience de notre institution et sa possibilité de répondre au mieux aux intérêts de nos concitoyens.

Face à ce constat, nous pouvons nous plaindre ou nous pouvons agir.

Et la meilleure façon d’agir est d’être crédible et efficace, d’être reconnu comme tel par nos partenaires et nos publics cibles, d’amener les citoyens à connaître nos services, nos actions et notre fonctionnement.

Et de notre côté, nous ne sommes pas resté inactif, nous envisageons l’avenir, non pas sereinement mais en pleine conscience des enjeux.

Sous ma présidence ou à l’invitation de notre Collège, le Conseil provincial s’est réuni et a examiné avec des experts les futurs probables de nos institutions.

Nous avons ainsi entamé plusieurs chantiers autant avec des spécialistes externes qu’internes sur l’avenir des Provinces, sur notre enseignement agricole à l’horizon de 2030, avec les Bourgmestres et Directeurs généraux dans le cadre du Forum provincial des communes sur la thématique de la supracommunalité, mais aussi avec nos agents et notre Direction générale, sur le devenir de nos immeubles provinciaux dans le cadre plus spécifique de la future Maison administrative.

Tous ces sujets seront, devront être  abordés en conseil, majorité et minorité réunis.  Des choix seront à faire en réflexion avec notre Collège et sous l’aulne des directives régionales.

Ne soyons pas fermés aux réformes, il est nécessaire de faire évoluer le modèle provincial mais en concertation avec ses acteurs et ses élus

Le principe de subsidiarité doit guider ces réformes et permettre au niveau de pouvoir le plus approprié d’exercer en connaissance de cause, et pour autant qu’il en ait les moyens, les compétences qui pourraient être détachées des provinces.

Pas de statu quo donc, soyons réformateurs, soyons optimistes, osons l’avenir !

Pour visionner le reportage sur Canal C – cliquez ici.